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Île de Pâques – A l’abri d’un pukao – Guy MEYER – 2023 – Ed. L’harmattan

Quatrième de couverture

Sur un bout de terre qui, à cette époque, ne se nommait pas encore « l’île de Pâques », le jeune Ahito porte un regard critique sur les coutumes de son monde. Ce monde lui semble régi par des règles et des autorités bien trop sclérosées. Grâce à une mystérieuse adolescente, son rêve d’un ailleurs et d’un retour aux sources prend forme peu à peu. Par la même occasion, il fait le délicat apprentissage des comportements et des secrets féminins. Bien des mystères entourent encore la culture « rapanui ». L’auteur de ce roman a tenté d’éclairer certaines croyances et pratiques de ce peuple énigmatique.

Mon Avis

L’île de Pâques. Une île déserte, de nos jours, protégée par des géants de pierre qui scrutent, inlassablement, l’horizon. A-t-elle été habitée un jour? Qui a bâti ces géant de pierre? À quoi ressemblait la vie sur cette île? Ahito nous fait découvrir l’histoire, le peuple, les croyances de cette île, à l’époque où cette dernière ne se nommait pas « Ile de Pâques« . Une époque où les dieux vivaient en symbiose avec les humains. Une époque où leurs sentiments de colère, de joie, étaient perçus de suite par les humains. Ces derniers ont-ils enfreint un tabou? Ont-ils minimisé les offrandes? Ahito, enfant de l’île, s’interroge sur les dieux. Sur leur utilité. Sur leur protection. Méritent-il le respect des iliens?

Cette terre, balayée par la colère de la nature, mérite t-elle que l’humain se sacrifie pour la protéger? Une protection qui est celle des dieux qui se couchent devant la nature. Mérite t-elle d’être honorée? Ahito et son amie ont une autre vision de leur île et de son avenir. Le récit invite doucement le lecteur à faire connaissance avec les iliens. C’est en frissonnant que, parfois, le lecteur accompagne le quotidien de ces hommes et de ces femmes qui ont, dans le sang, des gènes de bâtisseurs. Nous évoluons entre deux mondes: le rêve et la réalité de Ahito qui se mêlent, pour nous raconter son désir de braver les Anciens et les dieux. N’est-ce pas dangereux?

Ahito pressent de déclin de son île et de sa végétation. Alors, il questionne le ciel, les hommes, les dieux. Selon lui, ces derniers ne méritent pas d’être honorés. Est-ce un présage de « voir » la chute de son île? Les gardiens n’ont pas l’air de servir à quelque chose. Chaque tornade emporte un bout de terre, couche les arbres et détruit les habitations. Comment devenir les habitants de l’île de Pâques? Cette île a-t-elle réellement été habitée ou est-ce l’un des présages de Ahito? Avec son amie, ils représentent, à travers leur amour, la création et la vitalité de cette terre. Quelle est l’histoire de ces hommes qui y ont abordé et l’ont peuplé?

9782140329111    Ed. L’harmattan    286 p.    24€

Il pleut sur Ankara – Hossein DOWLATABADI – 2023 – Ed. L’harmattan

Quatrième de couverture

Ankara, par une froide et pluvieuse journée d’automne. Jamileh, qui vient de traverser clandestinement la frontière montagneuse entre l’Iran et la Turquie, laissant tout derrière elle, attend que son mari vienne la rejoindre. Ainsi commence et ainsi s’achèvera le récit d’une vie mise en miettes : Jamileh a reçu des nouvelles, de mauvaises nouvelles, qui soudain balaient tous ses espoirs et ravivent sa mémoire confuse et blessée. Désormais seule avec les fantômes de son passé, elle évoque, en des séquences parfois cauchemardesques qui s’entremêlent et font écho à ses souvenirs, le destin dramatique de sa famille détruite par la révolution iranienne de 1979 et le régime délétère des mollahs. Il pleut sur Ankara, qui a déjà été édité trois fois en persan, est le premier roman qu’Hossein Dowlatabadi, il y a une trentaine d’années, a écrit en France après son propre départ en exil à Paris.

Mon Avis

La chute du shah et de la shabanou d’Iran, leur fuite avec leurs enfants, est dans de nombreuses mémoires. S’ensuivit une terrible errance qui ne connut un répit que pour enterrer le roi malade. L’arrivée de l’ayatollah Khomeiny fut marqué par de nombreux emprisonnements et exécutions de moult intellectuels. Le roman débute à ce moment-là. À cette période de transition. C’est le moment où les vestes se tournent avec rapidité. Les amis d’hier deviennent de fervents ennemis. Jamileh est restée loyale à ses convictions. Elle a perdu les hommes de sa famille. Où sont-ils? Que leur est-il arrivé? Les reverra t-elle un jour? Pour le moment, avec sa mère et sa fille, elle reste terrée hors de l’Iran. Dans une sorte de no man’s land.

L’auteur dépeint l’âme humaine, lorsqu’elle est confrontée à une situation tragique. Il nous narre la violence sournoise qui finit par éclater au grand jour. La mère de Jamileh, malgré sa supposée folie, est la seule à jeter un regard réaliste, sans fard, sur ce qui se passe et se déroule en Iran. Comme tous les « fous« , Elle représente la conscience sociale. Elle est le réceptacle, la messagère du destin. Ce roman est d’une grande richesse. Nous traversons la période violente, houleuse, sanglante, qui a accompagné l’arrivée d’une politique de terreur qui s’est abattue sur l’Iran. Que sont devenus les disparus? Sont-ils prisonniers ou enterrés dans des fosses communes?

A travers cette histoire, ce cauchemar humain, c’est le destin de l’Iran que nous conte l’auteur. Cette femme écartelée entre la fuite et l’attente de son époux, loin des frontières de son pays, représente le peuple écartelé entre l’ancien pouvoir royal et celui de la religion. Partir ou revenir et endosser les doctrines des mollahs? Telle est la question. Elle représente ce peuple qui n’a pas les moyens de partir. Un peuple qui garde l’espoir que ce ne soit qu’un cauchemar dont il se réveillera bien vite. Un peuple qui va vivre en mode « instinct de survie« . Un peuple qui se met à errer à travers le monde comme son ancien roi. Que va-t-il advenir de ces personnes? Que va-t-il advenir du pays? Dans ce chaos, les femmes luttent contre ce carcan que l’on essaie de leur imposer. Elles tentent d’y échapper par tous les moyens. Est-ce chose aisée? Quel sera le destin de Jamileh dans cette attente, elle qui a tout perdu?

 

9782336428505    Ed. L’harmattan Coll. Iran en transition    180 p.    18€

L’octavone, roman colonial – Victor GAUTREZ – 2023 – Ed. L’Harmattan

Quatrième de couverture

Qui, des trois rivales : Athénaïs la noire, Paulette la blanche ou Roberte l’octavonne, va l’emporter pour devenir l’épouse de « Monsieur le Procureur de la République Romuald Sainte-Croix » qui « n’était préoccupé que d’avancer rapidement dans sa carrière et de se créer un foyer » ? D’un certain point de vue, Roberte partait avec une longueur d’avance : « sans conteste elle était plus belle que Paulette et qu’Athénaïs, plutôt grande, proportionnée à merveille, très élégante… elle était mieux que belle : troublante ». Décrochera-t-elle pour autant la timbale? Ce roman de 1924, situé à Fort-de-France en Martinique et dans les environs immédiats, met en scène, sous tous les angles, les effets du « préjugé de la race ».

Mon Avis

Nous faisons un voyage, dans la Martinique « An  tan lontan » (Autrefois). Une Martinique où la classe sociale se faisait en fonction de la couleur de peau. Il y avait les métropolitains, les békés, les octavons, les quarterons, les mulâtres et les noirs. Chacun rêvait de se lier à la classe supérieure pour s’élever socialement C’est dans ce monde que Romuald, un quarteron (fils d’une blanche et d’un métis) tombe amoureux d’une octavone (fille d’une quarteron et d’un blanc). Un amour partagé. Timidement. Mais, il lui faut le consentement du père de sa belle pour lui faire la cour. L’aura-t-il? Son rang social, donc sa couleur, sera t-il une entrave à cet amour? Que fera Romuald en cas de refus du père, de celle qui fait battre son cœur?

Alors, débute une sorte de vaudeville à la martiniquaise. Les langues se délient. Romuald est issu d’une famille de fermiers qui a fait fortune. Qu’il soit remarqué par une blanche métropolitaine, fait couler beaucoup d’encre et est sujet de nombreuses conversations dans les foyers. Nous entrons de plein pied dans le monde coloré de la société antillaise. Vers quelle jeune femme Romuald dirigera t-il son cœur? Le choix est vital. Réussira t-il à enlever une belle à sa famille? Laquelle? Les paris sont lancés. Et ce n’est pas un jeu de mot. Le lecteur se prend vite au jeu. Cette lecture addictive est, parfois, saupoudrée d’un humour caustique voire pince-sans-rire.

Un quarteron qui souhaite épouser une octavone dans la Martinique de cette époque, relève d’une gageure. Tout Fort de France est aux premières loges, et compte les coups. Il s’agit de Roméo et Juliette à la sauce créole. Donc, une histoire électrique qui illustre bien le classement social, en fonction de la couleur de peau. Romuald fait battre des cœurs autour de lui. Cependant, le sien ne bat que pour une seule. Qui ? L’auteur nous fait découvrir la Martinique post esclavage et son  classement social coloré. Nul ne semble souhaiter franchir cette frontière, sinon vers le haut. Un sport bien difficile. Que fera Romuald? Que de rejets, de regrets. de vies brisées sur le chemin de l’amour. Un chemin de larmes, de déception, de rancune. Un Roméo et Juliette à l’Antillaise.

 

9782336423685    Ed. L’Harmattan Coll. Autrement Mêmes    178 p.    18€

Le chat noir – Patrick MOTHES – 2023 – Ed. L’harmattan

Quatrième de couverture

La vie d’un village paisible peut être rapidement troublée. Même lorsqu’il s’agit d’un village « ordinaire », authentique, son quotidien peut finalement se révéler impitoyable. Baillac, cette petite bourgade du sud-ouest n’échappe pas à cette réalité. Pourtant, il s’agit d’un village comme un autre, un village ressemblant au vôtre, un village avec son histoire, ses croyances, ses chimères, ses coutumes, ses particularités, ses habitants, ses rumeurs, ses jalousies et ses braves gens. Bref, un village presque anodin tant son format est commun et son profil répandu. Alors, pourquoi est-il le théâtre de cet assassinat, de ce meurtre sordide ? Pourquoi le ou les auteurs de ce crime horrible ont-ils éliminé cet homme apprécié par l’ensemble de la population ? Pourquoi avoir supprimé un serviteur de Dieu ? Telles sont les innombrables questions qui bousculent le quotidien d’une population qui finit par se méfier d’elle-même.

Mon Avis

Un petit village du Lot où la vie stagne, un village qui se meurt tranquillement, chaque jour semblant se fondre dans le précédent. Il n’y a que des personnes âgées, témoins d’un temps révolu, même si le maire, désespéré, fait tout pour attirer de jeunes familles avec des promesses d’activités culturelles et de rénovations. Les rues étroites, bordées de maisons en pierre, vibrent encore des souvenirs d’une époque dorée, mais aujourd’hui, elles résonnent d’un silence pesant. Tout le monde se connaît et surveille les faits et gestes de tout le monde, comme si chaque geste était soumis à un jugement collectif. Il y a des disparitions, des évènements mystérieux, dans une indifférence implacable qui pèse sur l’atmosphère du village. Puis un jour, le précieux équilibre est rompu par le cauchemar: le curé de la paroisse est retrouvé mort dans son église, une scène tragique qui secoue la communauté. Hum, ça sent le roussi. Qui a bien pu faire cela? Y a-t-il un lien avec la disparition du précédent curé qui, lui aussi, avait pourtant toujours su guider ses fidèles ? Pourquoi ce dernier, un homme apprécié et respecté ? Martial et Serge, deux gendarmes aguerris, se retrouvent contraints de répondre à ces questions troublantes, mais l’énigme semble plus complexe qu’il n’y paraît. Personne ne sait quoi que ce soit sur cet assassinat, une ombre de crainte s’étend dans le village. Les villageois, mutiques, font face aux gendarmes, leurs visages impassibles trahissant une tension palpable, tout en restant à l’affût de la moindre information qui pourrait les éclairer sur les sombres secrets enfouis dans leur terre.

Ce roman policier se passe dans une sorte de huis clos, où l’atmosphère devient de plus en plus oppressante au fur et à mesure que les acteurs du drame cachent leurs vérités. Personne ne veut parler, mais tous attendent avec impatience les résultats de l’enquête, chacun craignant que leurs propres secrets ne soient révélés. L’auteur raconte simplement une histoire dans laquelle le lecteur entre avec nonchalance, mais rapidement, cette insouciance est remplacée par une tension palpable. Tout se passe tranquillement, comme dans tout village en voie d’extinction, où le temps semble s’être arrêté. Le lecteur découvre des cadavres dans les placards de certaines familles, des vestiges d’un passé trouble, témoins d’une vie qui n’a jamais vraiment été paisible. Des secrets de polichinelle, connus de tous les anciens, mais ignorés des nouvelles générations, deviennent des révélations dérangeantes qui ébranlent les fondements mêmes de la communauté. Y a-t-il un lien entre le passé du curé et son meurtre? Qui est-il et d’où vient-il? Les découvertes s’enchaînent sur ce curé, révélant un homme complexe, hanté par des choix difficiles. Des découvertes sur une vie chamboulée par la souffrance, marquée par des injustices profondes et des actes désespérés. Son assassin serait-il un membre de sa famille ? Ou plutôt une figure du passé, venue réclamer justice d’une manière sanglante? Les enjeux deviennent de plus en plus personnels, chaque personnage se retrouvant face à ses propres démons et à la noirceur qui sommeille peut-être en chacun d’eux.

Tous les petits villages du monde ont leurs secrets enfouis au plus profond des mémoires, des vérités souvent dissimulées par le temps et la peur. Mais l’assassinat d’un prêtre soulèvera peut-être un pan du voile, révélant des histoires tragiques et des ressentiments cachés. Deux gendarmes, Martial et Serge, ainsi que leur équipe déterminée, vont tout faire pour résoudre cette enquête, malgré le mutisme ambiant qui pèse sur les épaules des villageois. Le tueur serait-il quelqu’un du passé opaque du curé, un individu que personne n’ose mentionner, ou bien s’agirait-il plutôt de quelqu’un de son entourage immédiat, une figure apparemment innocente, mais dont les motivations pourraient désormais être remises en question? Alors que Martial et Serge, les deux gendarmes chargés de résoudre cette enquête, se heurtent au silence des villageois, ils commencent à suspecter que ce mutisme cache non seulement la peur, mais aussi une loyauté mal placée envers un coupable. Comment faire pour que les secrets ne soient plus? Quelle méthode adopter pour briser ce cycle de silence ? C’est une enquête que le lecteur suit avec attention, palpitation au cœur, soupçonnant de nombreuses personnes, chacune avec leurs propres secrets. La surprise sera grande lorsque les vérités émergeront, retournant la perception que chacun avait de la communauté, et révélant que parfois, le mal se cache là où on s’y attend le moins.

 

9782140336287    Ed. L’Harmattan Coll. Rue des Ecoles    226 p.    20€

Elle s’appelait Delphine – Gül ILBAY – 2022 – Ed. L’harmattan

Quatrième de couverture

Gül ILBAY nous met en face d’une population immigrée qui s’attache de plus en plus à la couleur locale de sa culture d’origine, et qui, faute de moyens d’accès à celle du pays d’accueil, désire renforcer la structure de ses rituels ancestraux. Ce roman propose à son lectorat de déchiffrer réalité et fiction à travers des personnages dont les aventures entrecroisées, correspondent à la réalité de la stratégie matrimoniale de l’immigration en Europe. Les aspirations, les contraintes des traditions et des cultures que subissent les héros de ce roman, nous conduisent vers un voyage entre deux espaces : la Turquie et la France; entre deux villes : Zonguldak, ville minière au bord de la mer Noire et Metz en Lorraine. Les femmes immigrées, piégées dans leur propre condition, nous révèlent à travers leur vie, les termes d’une subordination plus générale. Les récits des personnes qui au prix de douleurs, voguent entre lieux, mœurs, sentiments et passions, confèrent à ce roman son caractère singulièrement attachant.

Mon Avis

La Turquie, son paysage de carte postale, ses traditions désuètes, Ses femmes couvées par les coutumes étouffantes. Être femme, épouse et mère peut s’avérer être une sorte de malédiction. Surtout quand la tradition se pose comme une chape de plomb, sur les épaules des femmes. Dans ce roman, elles sont fortes, abandonnées, esseulées. Elles se battent, avec courage, pour l’avenir de leurs enfants. Elles sont souvent résilientes sous des cieux qui leur sont étrangers. Elles plantent de nouvelles racines, malgré les difficultés linguistiques, territoriales. Elles ont rêvé d’un avenir, mais la vie et ses difficultés les ont poussées à les revoir à la baisse. Elles continuent à se battre malgré tout.

À travers le récit sur la vie de ces femmes, l’auteur nous montre les difficultés d’intégration. Les raisons qui les ont poussées à l’exil. Le récit est fait sur trois générations de femmes. Certaines se battent pour adhérer aux particularités des pays d’accueil. D’autres ont baissé les bras, pour différentes raisons. Toutes font face aux difficultés quotidiennes dans un pays dont elles ignorent la plupart des codes. Ce qui leur tient à cœur, c’est l’avenir de leurs enfants. Même si leur vie est plus agréable qu’au village, elles doivent faire face à de nombreuses difficultés sur leur terre d’accueil.

Okan, le fils de Nuriye, est aussi un déraciné. Sa rencontre et son amour pour Denise, une française, facilite son adaptation dans son pays d’accueil. Les traditions turques se rappellent à son bon souvenir, par le biais de sa mère. Il doit choisir entre ses racines et son pays d’accueil. Que veut sa mère, longtemps abandonnée par son époux? Comment manipulera-t-elle le destin de son fils? Et Delphine, dans tout cela? Bien qu’elles n’aient connu que la souffrance, le manque de l’être cher et l’abandon, ces femmes restent définitivement ancrées à leurs traditions. Des traditions qui les réconfortent dans ce pays d’accueil. Ces traditions qu’elles maîtrisent mieux que celles de la France, ne les empêche pas de s’accrocher à ce qui leur reste de leurs racines. Okan et Denise accepteront-ils le poids des traditions?  Que deviendront-ils?

 

9782140315510   Ed. L’harmattan Coll. Regards Turcs   192 p.   19€

 

Complot artistique – Eurydice TRICHON MILSANI – 2024 – Ed. l’harmattan

Quatrième de couverture

Une affaire palpitante se déroule dans le plus beau Musée d’Art moderne d’Europe : à Beaubourg. Une fâcheuse intrigue qui se trame contre un de ses conservateurs, Simon Berthier, honnête, mais intransigeant, qui prépare une exposition rétrospective du redoutable peintre italien Giorgio De Chirico dont le fantôme hante les espaces du Musée. Tout est fait pour empêcher Simon Berthier de réaliser son rêve : un chef-d’œuvre tailladé, des accidents insolites, de faux tableaux, des attaques fomentées par la presse. Tout est bon pour empoisonner sa vie, son projet et ses amours. Découverte, en filigrane de ce roman passionnant, de quelques-uns des secrets de cette grande institution qu’est le Centre Georges Pompidou.

Mon Avis

La première fois que j’ai vu le centre Beaubourg, je ne savais pas si j’étais admirative, intriguée ou en état de choc. Puis, je me suis aperçue du génie de l’architecte. Pendant des années, j’ai foulé le sol de sa bibliothèque. Aussi, une intrigue à Beaubourg, c’était tentant. Un des conservateurs, Simon Berthier, prépare une exposition sur un peintre qu’il aime bien: Giorgio de Chirico. Cependant, rien ne semble se dérouler comme il le souhaite. Avec Ariane, son nouveau bras droit, il essaie de comprendre. Quelqu’un lui en voudrait-il? Pourquoi? Ce monde de l’art est un véritable panier de crabes. Un milieu sans état d’âme. Simon le ressent profondément et veut préparer Ariane à cette atmosphère typique du monde de l’art.

Et voilà, serpents, scorpions… sont de sortie. Toutes sortes de bassesses sont de mise. Sans oublier la veulerie, le croc-en-jambe, la fausseté. Bienvenus dans le monde de l’art. Simon, qui prépare son exposition, est confronté à tout cela. En vieux de la vieille, il n’y accorde aucune importance. Ne sait-il pas qu’il pourrait être dans l’œil du cyclone? L’auteure nous fait découvrir un milieu où l’envie, la sournoiserie, guident chaque geste. Beaubourg et ses conservateurs n’échappent pas à la règle. Le roman est écrit sous forme d’un thriller qui maintient le lecteur dans une soif inextinguible de découverte. C’est un suspens qui tient en haleine jusqu’à la dernière ligne.

Un piège se tend perfidement. Dans l’anonymat, une araignée tisse sa toile venimeuse. Lentement, mais sûrement. L’exposition de Simon, spécialiste du peintre Giorgio de Chirico, dérangerait-elle? Pourquoi? La jeune Ariane aimerait bien que le fil de la fourberie l’amène à ceux qui œuvrent dans l’ombre. L’histoire tient en haleine car l’auteure manipule très bien la plume et le suspens. Elle fait courir le lecteur dans les couloirs de Beaubourg, à la recherche des conspirateurs, pour épier, écouter derrière les portes ou mener une enquête forte en émotions. Cette exposition aura t-elle lieu? Dans quelles conditions? Comment tout cela va-t-il se terminer? Si complot il y a, Simon arrivera t-il à l’éviter? À quel prix? La méchanceté de l’humain brille de mille feux. La haine, l’envie et la jalousie sont de sortie. Pour le plus grand plaisir de celui qui est dans l’ombre. Aléa jacta est.

 

9782336422350   Ed. L’harmattan Coll. Rue des Ecoles   330 p.    28€

Elles – Jean-Bernard PHILIPPOT – 2024 – Ed. L’harmattan

Quatrième de couverture

Elles. Trois femmes. Toutes ont quelque chose à cacher. À se cacher. Elles se croisent, s’observent, se découvrent, se sourient… Elles s’observent encore puis parlent… enfin. Parlent encore… C’est une première, d’habitude elles se taisent. Jean-Bernard Philippot propose, avec Elles, un texte qui aborde les violences faites aux femmes. Une employée, une musicienne, une réfugiée afghane, dans un huis clos. Trois voix. Trois destins. Trois accordéons. Un monde… Elles est le fruit de nombreuses rencontres de l’auteur, comme Isabelle Rome, anciennement ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances, mais aussi d’associations de victimes ou de responsables médicaux.

Mon Avis

Être femme dans le monde, est souvent synonyme de souffrance, de tortures. Trois femmes se rencontrent. Trois vies et trois destins différents. Elles ont un point commun: l’humiliation, la souffrance, la violence. Trois femmes en souffrance profonde. Qu’ont-elles subi? Le subsistent-elles encore? Doivent-elles partager leur calvaire? Quand on lit une pièce de théâtre, l’imagination est très sollicitée. Il faut imaginer les personnages, leur gestuel. C’est beau. Ces trois femmes se rencontrent pour la première fois. Elles viennent d’horizons différents. Pourtant, elles se reconnaissent en tant que victimes. Elles se voient en tant que femmes manipulées. La faute? Au sexe dit fort. 

La conversation entre les trois femmes est très subtile. Très fine. Très succincte. Le lecteur entre discrètement dans leur vie. Il avance avec prudence. Timidement. De peur qu’elles ne se taisent à jamais. Ces confidences se méritent. Les trois femmes parlent, avec pudeur, de ce qu’elles subissent ou ont subi. Elles caressent doucement les violences. Elles tournent autour sans vraiment utiliser les mots. Ont-elles peur de se blesser à nouveau? Tremblent-elles à l’idée que ces violences se matérialisent? L’auteur raconte cette douce violence. Ce dur amour. Ce tendre martyre. Peu importe le lieu, le corps de la femme, sa psyché, son âme, sont broyés, sacrifiés à l’hôtel du Mâle prédateur ou de l’Autre, prédatrice.

C’est une pièce de théâtre d’une grande force. Trois femmes se racontent. Se découvrent. Pourtant, elles ne se connaissent pas. Un grand nombre de violences subies par les femmes y est mentionné: viol, harcèlement, coups, mariage forcé, violences intrafamiliales… Avec pudeur, elles font, du lecteur, un témoin muet et révolté de ce qu’elles ont subi. Pourquoi en parlent-elles? Qu’est-ce qui les amenées dans le même lieu? Arriveront-elles à se libérer de cette violence? Comment? Le monde est sans pitié envers elles. Elles semblent résignées à leur sort. Elles acceptent passivement leur vie. Mais l’une d’elles a lutté pour se libérer de cette violence. Sort-on vraiment indemne de cette tentative de destruction de la féminité? La fin de cette pièce de théâtre est émouvante et devrait faire réfléchir toutes les victimes de violences.

 

9782336457086   Ed. L’harmattan Coll. En scène   64 p.   10€

Briser les silences – Témoignage d’une psychologue – 2023 – Ed. L’harmattan

Quatrième de couverture

Briser les silences. Celui des victimes tétanisées ; celui des proches accablés ; celui d’une société banalisant les violences sexuelles, car contaminée par le discours pervers de l’agresseur campé dans le déni. À six ans, l’auteure a rencontré le « Diable », celui qui a fait chavirer sa vie. C’était un ami de la famille. Personne n’a jamais rien su ou voulu savoir. Victime expiatoire d’une famille carencée affectivement, engluée dans la pensée magique exploitée par les sorciers qui lui prévoyaient un affreux destin. Elle a tenu bon grâce à son intelligence et aux études, malgré des hommes maltraitants et des thérapeutes non formés au psycho traumatisme. L’auteure met en exergue les mécanismes psychiques à l’œuvre lors d’un viol ; à savoir : la sidération, la dissociation, l’amnésie traumatique. Ce qui fait qu’une victime est incapable de crier, se débattre, fuir, parler, porter plainte. Marie Claude Barbin souhaite que l’on porte un autre regard, un regard bienveillant sur les victimes de violences sexuelles qui ne demandent que reconnaissance et réparation. «Le roseau plie, mais ne rompt pas». On appelle aussi cela la résilience.

Mon Avis

Pour des enfants, vivre dans une famille dysfonctionnelle, peut avoir des effets néfastes sur le long terme. Les adultes sont, parfois, dans l’incapacité d’entendre ou de voir les discrets appels au secours, les débuts de confession. Ces familles risquent même de participer à l’aggravation des symptômes et à la destruction de l’adulte que deviendra cet enfant. Née d’une famille dysfonctionnelle au possible, l’auteure raconte son parcours. Son calvaire d’enfant. Un père absent. Une mère sans une once d’amour et manipulatrice à souhait. Sans oublier des tantes qui brillent par leur incapacité à tenir la barre de leur vie. Ce n’est que le début du calvaire.

Avec un humour piquant, parfois pince-sans-rire, l’auteure nous narre, sa vie d’enfant, ses tentatives d’évitement, ses carences affectives. Tout cela, jouera un rôle prépondérant dans sa vie de la femme plus tard. Dans son quotidien. Elle cherche à s’en sortir. Par quel biais? Elle tente d’avoir une vie comme celle de tout le monde. Est-ce possible? Que lui réserve l’âge adulte? A t-elle la possibilité de s’écarter de cette famille qui n’en est pas une? Une famille où l’amour et la tendresse n’ont jamais osé franchir la porte de la case. Vivant à la Réunion, elle tente de faire bonne figure face aux regards extérieurs. Peut-on à son tour aimer ou s’aimer quand on n’a jamais été aimé?

L’auteure nous embarque dans un voyage, à la recherche de la personne qu’elle aurait pu être si sa famille n’avait pas été dysfonctionnelle. Y arrivera t-elle? Pourra t-elle passer outre les embûches qui sont sur sa route? Elle en parle avec émotion. Avec dérision. Avec un humour un peu acide. Ce qui ne l’empêche pas de comprendre les mécanismes qui ont désintégré son Moi. Un Moi caché derrière des sourires, des actes factices. Elle raconte l’aventure de sa vie dans laquelle de nombreuses personnes se reconnaîtront. Elle parle de sa résilience, pour que les victimes puissent «briser les silences »  et accepter leur statut de victime. C’est une superbe autobiographie qui interpelle, fait réfléchir à ses actes et pousse à mieux observer son environnement.

 

9782336404684    Ed. l’harmattan Coll. Psycho logiques   204 p.   22€

Le préleveur – Une enquête de Crevette et Baccardi – Maurice DACCORD – 2024 – Ed. l’harmattan

Quatrième de couverture

Qu’arrive-t-il à Eddy Baccardi ? Il est à l’hôpital plongé dans une sorte de coma artificiel, entre la vie et la mort. Colombe, Léon et Valentina se relaient à son chevet. Les nerfs de Colombe sont à vif, que va-t-elle devenir sans l’amour de sa vie ?  Heureusement, les secours de la thérapeutique vont tirer Eddy de ce mauvais pas, il va pouvoir efficacement seconder son ami Léon Crevette. Une mystérieuse personne qui ne leur est pas inconnue va s’inviter dans l’enquête. Elle va guider les deux compères, pour débusquer celui que toute la presse n’appelle plus que «le Préleveur».

Mon Avis

Les psychopathes, les sociopathes, les sérial killer et autres bêtes de même poil ont, parfois, des modus operandi qui nous laissent pantois. Il vaut mieux, peut-être, ne pas se poser trop de questions. À moins d’être policier, comme le commandant Crevette. Avec son lieutenant Merlu et son ami Baccardi, justement, il se pose des questions. Des cadavres? Il en a déjà vu beaucoup. Mais ceux-là l’intriguent. Le questionnent. À qui a t-il affaire? Un tueur solitaire? Des tueurs? Un serial killer? Même s’il sait comment le tueur a procédé, il lui reste une question: pourquoi? Par ailleurs, il ne trouve pas de lien entre les victimes. Ce qui le contrarie, d’autant plus que son ami est hospitalisé et ne peut, comme d’habitude, faire du brainstorming avec lui. Plutôt, ils ne peuvent le faire que lors des visites à l’hôpital, en l’absence de la compagne de Baccardi.

Cette enquête s’avère difficile. Les policiers n’ont pas l’ombre d’un indice. Rien ne se recoupe. Pas l’ombre d’un suspect. L’auteur nous sert une belle intrigue qui nous permet d’accompagner les policiers dans leur enquête. Le vocabulaire est celui de San Antonio. Le langage châtié, la gouaille, sont le vocabulaire des personnages qui ont de belles passions telles que la musique, la cuisine. L’auteur nous happe dès les premières lignes et ne nous lâche pas avant la fin. Le lecteur ne s’en plaint pas. Au contraire, il en redemande. Le suspens est terrible. En fait, tout se passe entre deux visites à l’hôpital.

Le crime n’attend pas et il n’a pas d’heure. Aussi, cette série de meurtres monopolise t-elle toute la police et la gendarmerie. Le lecteur est pris dans cette enquête et se découvre détective. Le langage est proche de celui de San Antonio ou Bérurier. Ce qui rend les personnages réalistes et plus humains. Les difficultés dans cette enquête sont nombreuses. Qui est ou qui sont les tueurs? Bacardi et Crevette vont faire des étincelles. Deux cerveaux sont plus efficaces qu’un seul. À force de réfléchir ensemble, surtout le faisant depuis longtemps, les étincelles fuseront. Des étincelles qui pourront ouvrir la voie vers la résolution. Mythe ou réalité?

 

9782336441849   Ed. L’harmattan Coll. Rue des Ecoles   208 p.   19€